À la recherche de Pascal, le caméléon

Comme pour chacun de mes voyages, je cherche toujours quel animal sauvage je pourrais rencontrer. Quand l’idée de partir à La Réunion s’est présentée, j’ai donc tout de suite ajouté à ma liste cet adorable petit habitant.
Partons à la recherche du petit “Pascal” de Raiponce 😉.
Qui suis-je ?

Appartenant à l’espèce Furcifer pardalis, on me connaît aussi sous le nom d’Endormi à La Réunion. Mon surnom vient de ma façon de me déplacer: très, très lentement 😊. On m’a introduit sur l’île au XVIIᵉ siècle depuis Madagascar, et aujourd’hui je suis protégé et considéré comme un symbole de la faune réunionnaise.
Les mâles sont bien plus colorés que les femelles : vert vif, bleu turquoise, orangé ou rouge tandis que les femelles affichent des teintes plus douces.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, je change de couleur surtout pour communiquer. Ces changements peuvent servir à indiquer différentes humeurs, à dissuader un prédateur ou encore à impressionner un rival.
Autre détail surprenant, mes yeux peuvent bouger indépendamment l’un de l’autre, ce qui me permet de regarder dans deux directions en même temps !
Si vous avez la chance de me croiser, n’utiliser surtout pas de flash pour me photographier, cela compromettrait ma survie en me rendant aveugle.
Où me trouver ?
Même si je suis très présent sur l’île, il n’est pas si simple de me voir car je suis petit et un pro du camouflage 😊. Si vous voulez m’apercevoir dans mon habitat naturel, il vous faudra donc de la patience, un œil attentif, et un peu de chance.

On me trouve dans toutes les régions de l’île de La Réunion jusqu’à environ 1000 mètres d’altitude, principalement dans les zones boisées, les champs de cannes, les parcs et jardins. Si vous êtes en séjour à La Réunion, c’est sans doute dans les jardins botaniques (comme le jardin d’Éden) que vous aurez le plus de chances de m’apercevoir. Et pour augmenter vos chances, sachez que la saison humide (décembre à mars) est la meilleure période pour me croiser, car je suis à ce moment-là plus actif.
À la recherche de Pascal
Le premier jour de notre arrivée, nous avons filé directement au Jardin d’Éden pour mon activité favorite: chercher les trésors de la nature.
Nous l’avons arpenté plusieurs fois, scrutant chaque branche, chaque feuille… Mais malgré les panneaux annonçant leur présence, aucun “Pascal” à l’horizon 😉. La personne à l’accueil nous a expliqué que septembre n’était pas la meilleure période pour les apercevoir. Ce qui ne nous a pas empêché d’y passer un super moment. Nous avons adoré ce petit jardin très authentique et intime qui regorgeait de plein d’autres merveilles : des fleurs tropicales colorées, une ambiance paisible, et surtout d’adorables geckos verts.


La rencontre
Le dernier jour du voyage, après plusieurs recherches infructueuses pendant nos randonnées et la visite d’un autre jardin botanique, nous sommes revenus au Jardin d’Éden. Et cette fois, la nature nous a offert le plus beau des cadeaux. Au détour d’un buisson, nos yeux se sont enfin posés sur une petite créature ocre, parfaitement immobile au milieu de la végétation. Le bonheur absolu !
Nous avons longuement observé cet animal extraordinaire : ses mouvements très lents, la forme de ses pattounes, et surtout ses fameux yeux qui se dirigent dans des sens opposés. Aussi incroyable que perturbant et encore nous n’avons pas vu sa langue 😉!

Alors que nous reprenions le sentier, nouvelle explosion de joie: un deuxième caméléon, un peu plus coloré, bien caché dans les feuilles. Celui-là nous a fait quelques acrobaties (toujours au ralenti 😉), parfaites pour admirer sa démarche unique. Trouver deux “Pascal” le dernier jour a été la plus belle conclusion possible à ce voyage.
